La Fontelina à Capri
Il y a un endroit, à Capri, qu'aucune grande route ne vient vraiment troubler. On y descend à pied par un sentier escarpé, ou l'on y arrive par la mer. Là, au pied même des Faraglioni, sur une roche blanche, des matelas de lin attendent face au bleu de la Méditerranée : la Fontelina. Un beach club et un restaurant nés en 1949, devenus l'une des images les plus désirées du rêve caprese. On y nage entre les rochers, on déjeune sous une pergola, on boit une sangria à la pêche. C'est, peut-être, le plus bel endroit de Capri où ne rien faire.
L'Histoire · Des Sources Du Lin Au Paradis
Le nom vient de loin. « Fontelina » dérive des fonti del lino, les sources du lin : pendant des siècles, les femmes de Capri venaient ici faire macérer les feuilles de lin dans les vasques naturelles creusées au pied des falaises, pour en tirer le fil des vêtements et des filets de pêche. En 1949, Lucia Fiorentino et Peppino Arcucci osent bâtir une simple cabane de bois sur la plage et y ouvrent une trattoria. La mer la détruira plusieurs fois ; à chaque tempête, ils la relèvent. Avec Pasquale et Antonio Gargiulo, bientôt associés à l'aventure, ils font d'un bout de rocher l'une des adresses les plus aimées de Capri. Une histoire de ténacité, accrochée à un lieu que rien, ni les tempêtes ni le temps, n'a vraiment réussi à déloger.
Le Fil · Au Pied Des Faraglioni
Tout, ici, tient au décor. La Fontelina est posée exactement face aux Faraglioni, ces trois rochers dressés hors de l'eau qui sont l'emblème de l'île. Matelas blancs sur la roche calcaire, échelles de fer plongeant droit dans une eau cobalt, silence brisé seulement par les vagues. Dans les années soixante, la dolce vita fit de Capri son théâtre, et La Fontelina devint l'un de ces lieux où l'on venait voir et disparaître à la fois. Aujourd'hui encore, ses parasols blancs et bleus, ses plongeons depuis les rochers et son déjeuner sous la pergola composent, dans l'imaginaire du monde entier, une part du rêve caprese. On ne vient pas à la Fontelina pour un simple repas. On y vient pour une journée entière de bonheur.
La cuisine est à l'image du lieu : simple, lumineuse, marine. Poissons, fruits de mer, pâtes aux clovisses, ravioli capresi pour ceux qui boudent le poisson. Mais la signature, c'est la sangria à la pêche, un pichet glacé de vin blanc et de pêches que l'on sirote entre deux bains. Tout, ici, demande une logistique discrète : l'eau, les ingrédients, les arrivées, les retours. Cela se déguste sous une pergola, nappes blanches et verres vénitiens, à quelques mètres seulement de la mer. Un déjeuner que l'on n'oublie pas, parce qu'on le mange les pieds presque dans l'eau.
On ne gagne pas la Fontelina par hasard : il faut la mériter. À pied, c'est une trentaine de minutes depuis la Piazzetta, par la Via Camerelle puis la Via Tragara, avant un sentier escarpé de trois cents mètres qui descend vers la mer à travers les myrtes et les genêts. Chaussures confortables exigées. Sinon, on arrive par l'eau, depuis Marina Piccola ou en bateau privé mouillé au pied des rochers. Pour éviter la remontée, le club propose une navette en gozzo vers Marina Piccola. Cette difficulté d'accès n'est pas un défaut : c'est le filtre qui préserve la magie.
Derrière le décor de carte postale, il y a des familles. Depuis les fondateurs Fiorentino et Arcucci, rejoints par les Gargiulo, la Fontelina avance saison après saison avec cette fidélité propre aux lieux tenus par des mains qui les connaissent vraiment. Ce sont eux qui ont relevé la cabane après chaque coup de mer, eux qui ont fait d'un bout de rocher l'un des beach clubs les plus désirés de Méditerranée. Cette continuité se sent à table : on n'y est pas seulement un client, mais un invité de passage. La Fontelina n'a pas l'air fabriquée. Elle tient parce qu'elle a été reconstruite, encore et encore.
La Fontelina se vit lentement, sur une journée. On arrive le matin, on s'allonge sur la roche, on plonge par les échelles de fer dans une eau transparente, on nage face aux Faraglioni. Vient le déjeuner sous la pergola, puis la sieste au soleil, puis l'apéritif tandis que la lumière dore les rochers. C'est une parenthèse hors du temps, sans téléphone, sans agenda, l'exact contraire du Capri pressé des excursionnistes. Réserver est indispensable, et tôt : La Fontelina est l'une des adresses les plus convoitées de l'île. Ceux qui l'ont vécue une fois parlent souvent d'un bleu difficile à retrouver ailleurs.
Jadis, les femmes de Capri
venaient ici faire macérer le lin
dans les vasques du rocher.
Aujourd'hui, au même endroit,
face aux Faraglioni,
sur une roche blanche et un bleu sans pareil,
on vient vivre, le temps d'un jour,
le rêve même de Capri.
Si Capri devait tenir dans une image, ce serait peut-être celle-ci : un matelas blanc sur la roche, les Faraglioni en face, et la mer qui appelle. La Fontelina n'est pas un restaurant avec vue ; c'est un morceau de l'île à l'état pur, où l'on mange parce qu'on y est bien, et non l'inverse. Difficile d'accès, fidèle à ses familles, peu sensible aux modes, elle a su rester elle-même dans un paysage où tout pourrait devenir décor. C'est là sa force : on n'y achète pas seulement du luxe, on y achète du temps, celui de nager, de paresser, de regarder le bleu. À Capri, La Fontelina est l'endroit où l'île redevient ce qu'elle a toujours été : un paradis au bord de l'eau.
La Fontelina · Beach Club & Restaurant
Località Faraglioni · 80073 Capri (NA), Italie
+39 081 837 0845
La Maison
Ouvert en 1949 · Lucia Fiorentino, Peppino Arcucci, familles Arcucci & Gargiulo
Cuisine de la mer · Accès à pied depuis Tragara ou par la mer · Navette en gozzo vers Marina Piccola
Ouverture
Saisonnier · Réservation indispensable · Détails sur fontelina-capri.com
Aucune grande route n'y mène.
Seulement un sentier, ou la mer.
Au pied des Faraglioni, sur la roche blanche,
La Fontelina est le plus beau des riens.
La Fontelina Capri
© La Fontelina Capri


















