Les Palaces De Capri
Cinq grandes maisons, cinq visages d'une même île. Le doyen de 1822, la grande dame mondaine, le refuge d'art des hauteurs, le palace le plus coloré, et la villa de Le Corbusier suspendue au-dessus des Faraglioni. À Capri, un hôtel n'est jamais un simple lieu où dormir : c'est une manière d'habiter l'île. Voici cinq adresses que nous tenons pour essentielles.
Le Parcours · Cinq Manières D'Habiter L'Île
Chacune de ces maisons raconte une facette de Capri. La Palma en est l'origine, le tout premier hôtel de l'île. Le Quisisana en est la mondanité, posté en tête de la Via Camerelle. Le Capri Palace Jumeirah en est le refuge, dans les hauteurs blanches d'Anacapri. Le Tiberio Palace en est la fantaisie, le plus coloré de tous. Le Punta Tragara en est l'architecture, une villa de Le Corbusier accrochée à la falaise. L'origine, la mondanité, le refuge, la couleur, l'architecture : à elles cinq, elles dessinent le portrait complet d'une île.
Avant les grandes légendes hôtelières de Capri, il y eut La Palma. Ouvert en 1822 sous le nom de Locanda Pagano, c'était « l'hôtel des artistes », où peintres et poètes réglaient parfois leur séjour en laissant une œuvre sur les murs. C'est ici que Capri a commencé à devenir l'île des créateurs. Renaissance en 2023 comme premier hôtel italien de la Oetker Collection, redessiné par Francis Sultana, qui a rendu au lieu son esprit d'auberge artistique. Le plus ancien hôtel de l'île est revenu avec l'éclat d'une adresse nouvelle.
Son nom est un secret tenu à voix haute : Quisisana, « ici l'on guérit ». Né en 1845 comme sanatorium pour soigner les poumons dans l'air doux de l'île, devenu hôtel en 1861, il est depuis plus d'un siècle le cœur battant de Capri. Sa façade blanche se dresse en tête de la Via Camerelle, là où commence la rue du luxe. Théâtre Liberty signé Gio Ponti, jardins, restaurants regardés : la maison qui soignait les corps est devenue le salon du monde.
L'autre Capri, celui des hauteurs. Dans le calme d'Anacapri, au-dessus de la foule, un palazzo blanc qui est aussi un musée d'art contemporain : le White Museum, avec ses œuvres, ses hommages et ses présences artistiques. L'Olivo, seule table deux étoiles Michelin de l'île, y incarne le sommet gastronomique de Capri. Le spa médical, la lumière blanche, les jardins et l'atmosphère retirée composent une adresse à part. Là où Capri-ville brille et se presse, le Capri Palace Jumeirah offre le retrait, l'art et le silence.
Là où Capri attend le marbre et le blanc, le Tiberio Palace a choisi la couleur. Un boutique-hôtel perché près de la Piazzetta, qui ressemble à la maison d'un grand voyageur au goût éclectique : majoliques peintes à la main, curiosités pop, safran et corail, bibliothèque Taschen, piano à queue blanc au Jacky Bar. Il porte le nom de l'empereur Tibère, mais là où l'histoire romaine garde une gravité de pierre, l'hôtel cultive la joie. La dolce vita, en technicolor.
L'une des adresses les plus spectaculairement situées de l'île. Accrochée à la falaise au bout de la Via Tragara, elle est née d'une villa dessinée en 1920 par Le Corbusier, comme un refuge surgi du rocher. Quartier général américain durant la guerre, où passèrent Eisenhower et Churchill, elle devient hôtel en 1973. Sa table gastronomique Le Monzù porte une étoile Michelin, et ses terrasses regardent les Faraglioni droit dans les yeux. La vue que le monde photographie d'en bas, ici on la vit d'en haut.
Réunies, ces cinq maisons dessinent le portrait complet de Capri. On peut les choisir selon son humeur : le centre du village ou les hauteurs d'Anacapri, le classicisme ou la couleur, la mémoire ou l'avant-garde. Mais toutes partagent une même idée du luxe, celui qui ne s'impose pas, qui se vit dans la lumière, la lenteur et la mer. À Capri, on ne choisit pas seulement un hôtel : on choisit la façon dont on veut habiter l'île, le temps d'un séjour.
Le doyen de 1822.
La grande dame de la Via Camerelle.
Le refuge d'art des hauteurs.
Le palace le plus coloré.
La villa de Le Corbusier
face aux Faraglioni.
Cinq maisons,
et l'île tout entière.
Capri n'a jamais aimé le luxe qui intimide. Elle préfère celui qui se vit pieds nus, un verre à la main, dans la lumière du soir. Ses grandes maisons l'ont compris : du sanatorium devenu palace à la villa moderniste suspendue au-dessus de la mer, chacune a fait d'un lieu une promesse de bonheur. Origine, mondanité, refuge, couleur, architecture : cinq adresses, cinq caractères, une seule île. Choisir l'une d'elles, c'est déjà choisir quel Capri l'on veut vivre.
L'origine, la mondanité, le refuge,
la couleur, l'architecture.
Cinq palaces,
et l'île tout entière dans chacun d'eux.



